Les 6 étapes clés pour gérer un conflit au travail
1. Prendre du recul avant d'agir
Avant toute intervention, faites le point sur votre propre posture. Êtes-vous partie
prenante du conflit ? Avez-vous déjà un avis sur « qui a tort » ? Si c'est le cas, il peut
être préférable de faire appel à une personne tierce. Prenez aussi le temps de laisser
retomber la tension : une discussion engagée à chaud a toutes les chances de raviver
l'incendie.
2. Écouter chaque personne séparément
Proposez un premier échange individuel à chacune des personnes concernées. L'objectif
n'est pas de recueillir des preuves, mais de comprendre comment chacun·e vit la situation.
Pratiquez l'écoute active : reformulez, posez des questions ouvertes, accueillez les
émotions sans les juger. Souvent, se sentir enfin entendu·e suffit à faire baisser une
partie de la pression.
3. Distinguer les faits, les ressentis et les besoins
C'est le cœur de la démarche, directement inspiré de la
communication non violente.
Derrière « il ne respecte jamais rien », il y a un fait précis (le dossier rendu en retard
mardi), un ressenti (de la frustration, de l'inquiétude) et un besoin (de fiabilité, de
visibilité sur la charge de travail). Aider chacun·e à faire ce tri transforme des
accusations en informations sur lesquelles on peut agir.
4. Organiser un temps d'échange cadré
Une fois les positions clarifiées, réunissez les personnes concernées dans un lieu neutre,
avec un temps suffisant et un cadre posé dès le départ : parole à tour de rôle, pas
d'interruption, confidentialité, recherche de solutions plutôt que de coupables. Chacun·e
exprime à l'autre les faits, ressentis et besoins identifiés. Le rôle de la personne qui
anime est de veiller au cadre et de reformuler, jamais de trancher.
5. Co-construire des solutions
Quand les besoins de chacun·e sont sur la table, la recherche de solutions devient
beaucoup plus simple. Invitez les parties à proposer elles-mêmes des pistes, puis à choisir
ensemble celles qui respectent les besoins de tout le monde. Une décision par consentement
(« est-ce que quelqu'un a une objection à essayer cette solution ? ») fonctionne très bien
à ce stade. Formalisez les accords : qui fait quoi, à partir de quand.
6. Faire un point de suivi
C'est l'étape la plus souvent oubliée. Fixez dès la fin de l'échange un rendez-vous de
suivi, deux à quatre semaines plus tard, pour vérifier que les accords tiennent et les
ajuster si besoin. Ce point montre que le sujet est pris au sérieux et évite que les vieux
réflexes reprennent le dessus.